Cerise

Deux moitiés se rencontrent

Et forment une beauté simple,

Car un baiser cerise

De cette tendresse si pure

En a scellé le bonheur.

Et peut-être avant l’heure,

Ou bien juste en son temps,

Annonce ainsi le printemps

De vies piégées par l’hiver.

Adieu, lourds corbacs,

Adieu, mouettes rieuses,

Adieu, oiseaux de malheur,

Car désormais, c’est à cet être frêle,

Cette messagère des dieux,

Si tendre, et si belle,

D’emporter vers les cieux,

Tant de nouveaux sentiments.

Bonjour, chère hirondelle,

Apporte-lui mon coeur,

Pour qu’à nouveau près d’elle,

Il goûte un peu au bonheur.

Nous nous retrouvons enfin

Et sans besoin de mots

Laissons parler la tendresse.

La beauté, l’évidence

Méritent le silence,

Une étreinte, un baiser,

Et puis quelques caresses.

Et tout est bien, et tout est un,

Et chacun à sa place.

Notre bénédiction cerise

Marque nos vies printemps

De son sceau évident

Qui personne ne vise,

Nous a trouvés, pourtant.

Et si tu devais, petite hirondelle,

Ne jamais revenir,

Prendre peur, et t’enfuir ;

Ton souvenir à jamais,

Ta marque pour toujours

A rendu à cet automate

Des trésors à jamais perdus.

Merci donc pour toujours,

Merci donc à jamais,

Et vivons pour vivre encore,

Dans le souvenir, mon amour,

D’un monde sans douleur,

D’une nature moins dure.

Eternelle, éphémère,

Amie, seule, tu as réussi,

A faire de ces années amères

Une vie arc-en-ciel.

Et dans le bleu du ciel,

Dans le bleu de la mer,

Que je distingue maintenant,

Je me plais à admirer,

Pour toujours, pour jamais,

Ton petit coeur palpitant,

Tes belles qualités,

Tes adorables défauts.

Enfin, pour nous, en un mot,

Si tu le veux, ma douce et pure,

Est venu le temps du repos.

17.1.2016, à Jena.

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Nostalgie

La souffrance des oiseaux

Se reflète dans l’eau

Chantant un air vieilli

Sur lequel tu danses

Ainsi se laisse à la lumière de la lune

Entrevoir la beauté de la vie

Le bleu argenté de l’existence

10.1.2015, à Rennes.

Au-dessus des nuages

As-tu rêvé, être ailé, voler au-dessus des nuages

Les yeux levés vers le ciel, dans le dos te poussent des ailes

Mais quelle est leur utilité, si elles ne peuvent t’emporter

Au-dessus des nuages

Si tu apprends à aimer, elles battront d’elles-mêmes

Et malgré la douleur qui te serrera le coeur

Tu seras enfin heureux d’avoir trouvé l’infini

Au-dessus des nuages

 

31 mai 2006, à Poitiers.

Dans la brume de ma vie

Dans la brume de ma vie,

Dans l’ombre de mon coeur,

Me manque cette chaleur

Qui toujours me fuit.

Quand soudain je te vois,

Apparue du néant,

Franche et tendre à la fois ;

Ou bien n’est-ce que moi

Qui dans ton regard franc

Peux contempler ton âme ?

Admirer cette flamme

Qui te consume du dedans ?

Et aperçoit dans ton coeur

De multiples couleurs

Aux nuances infinies ?

Ce regard fier,

Qui attire, exaspère,

Amie, je l’aime tant.

Dans ce monde triste et gris

Que tu tranches avec ces gens

Qui détestent leur vie.

Droite et fière,

Forte et fragile,

Inquiète et sévère,

De ce simple regard,

Amie, tu m’as conquis.

Je suis hypnotisé,

Happé dans les tréfonds de ton être

Que je voudrais admirer

Jusqu’à la fin des temps.

Je veux me réchauffer

A la lumière de ton âme.

Je veux me lover

Au fin fond de ton coeur.

Me blottir contre toi,

T’enlacer dans mes bras,

Te murmurer mon amour.

Jusqu’à ce qu’un matin

Tu me quittes, sans un bruit.

Jusqu’à ce que, libre et sauvage,

Tu te libères de cette cage,

Et reprennes le chemin, amie,

De ta propre vie.

Ma lionne chérie,

Celle que j’aimerai toujours

Parce que désormais

Tu fais partie de moi

Et que si mon coeur bat

C’est pour dire ton prénom.

Je voudrais pour le moins

Te dédier ce poème

Pour que jamais tu n’oublies

Que pour toujours, je t’aime,

Que tu es mon amie.

31.5.2014, à Rennes.

Ce roc dans la tempête de ma vie

Dans la nuit de mon coeur

Tu amènes lumière et chaleur.

A la fin du chemin,

Dans la tienne tu prends ma main.

Fatigué de me battre,

Tu me donnes force et courage.

Mais à la dernière ligne

De la première page,

Tu t’en vas.

Pourquoi ?

Je me brise contre les lames

Et tu observes en souriant.

Je me brise contre les larmes

Et tu souris en partant.

Pourquoi ?

Quelle partie de moi

Gardes-tu, jalouse, dans ton coeur ?

Quelle partie de moi, voleuse, je ne retrouve pas ?

Pourquoi m’observes-tu, sans pleurs,

Me noyer dans cet océan.

Reviendras-tu demain

Apaiser le malheur ?

Reviendras-tu demain

Dissiper le néant ?

Et me rendre, voleuse, tout ce qui m’appartient,

Et que tu gardes, jalouse, caché loin de mon coeur ?

Qu’est devenu le roc

Dans la tempête de ma vie

Auquel je tenais bon

Et que tu as détruit ?

Pourquoi donner la vue à un aveugle

Et lui crever les yeux ?

Toi seule, cruelle, a les réponses à ces incessantes questions.

Mais à quoi bon.

Je retourne au néant

Et y attends la fin,

Impatiemment.

Mon amour, mon amie,

Celle qui était ma vie

Et m’a tué vivant.

Je retourne au néant,

Et y attends la fin.

Adieu, sens et espoirs.

Adieu, ma vie d’avant.

Car désormais je suis mort

Mais vivant.

Maintenant

J’accepte enfin mon sort.
Adieu, amour d’antan.
Adieu, toi que j’aime tant.

J’accepte enfin ma mort.

20.5.2014, à Berlin.

Amitié

Invisible filin qui me raccorde à la vie,

En tous temps absolu,

Secours du naufragé,

Qui croit avoir tout perdu ;

Infinité si sombre,

Néant et désespoir,

Cruel crématoire

Des joies les plus sincères ;

Tu es aujourd’hui un souvenir,

Car dans la nuit une lumière,

Douceur et chaleur si amènes,

Me retient au-dessus du vide ;

Son nom est amitié,

Généreuse et sincère,

Mieux d’acier que de fer,

Mieux de soie que d’acier ;

Tes liens inébranlables,

Résistent tant aux flammes,

Qu’aux assauts de la vie,

Et de la mort la lame

Ne pourra les trancher ;

Dernier refuge dans la souffrance,

Lucarne ouverte sur le bonheur,

Il n’est jamais de grands malheurs

Qu’elle n’ait réduit à sa puissance ;

Je lui dois tout,

Et sans excès,

Ne sais si aujourd’hui je serais,

Sans le secours d’un ami.

2013.

Renaissance

Remous imperceptibles,

Lumières irisées,

Couleurs et majesté

Sont maintenant sensibles ;

Chants matinaux,

Joie d’un jour nouveau,

Ou peur de l’oiseleur,

Cris de détresse et de douleur ;

Majestés infinies se perdant dans la brume,

Altesses oubliées revivant dans les plumes,

De cette terre sans âge sont l’éternel atour ;

Convulsions si retorses,

Eternelle agonie avant un monde nouveau,

Avertissement sublime se reflétant dans l’eau,

Angoisse et tiraillements d’une ancienne réalité ;

On lutte pour la vie,

Passions contraires et tumultueuses,

Beauté des sentiments,

Où éclot une rose ;

Recherche infatigable,

De cette éphémère existence,

La paix est trouvée par chance,

Avant qu’elle ne soit fanée.

2012.

Jena

Impressions et couleurs,

Formes et magma,

Caprices et excès,

Révolus par degrés ;

Pavés et châteaux,

Fiertés et démesures,

Grisaille si colorée,

Qu’on en oublie l’azur ;

Remous et courants contraires,

Orgueil si prompt à défier la terre,

Torture et tableau,

Harmonie qui de l’eau rencontre la verdure ;

Grandeurs du passé,

Vestiges du futur,

Actions glorieuses aujourd’hui oubliées,

Et tant de fins heureuses dans le roc gravées ;

Ondines et vertiges,

Hirondelles printanières,

Messagères des Dieux,

Avec eux de nos frères ;

Déchirements, angoisses,

Cent affres infinis,

Dont on sort grandi,

Car toujours invaincu ;

Beautés absolues,

Conversations divines,

Généreuse amitié,

Et amour enfantine.

2011.

Sentiment magnifique

L’éternel recommencement de la beauté obscure et enneigée

Quel besoin d’une lumière crue et blafarde pour l’éclairer ?

Le mouvement se justifie par lui-même

Quel sentiment rend le monde si blême

Et magnifique ?

La grandeur s’impose à nous, le physique

Et l’invisible nous écrasent sous le poids du diadème

Qu’elle porte sur la tête

Mais qui est-elle ? Cette admirable bête

Qui nous bouche la vue, qui nous obstrue le coeur,

Qui nous donne la vie et l’enlève

Sans le concours de la mort ?

Pour nous la dévoiler, comptons sur le sort,

La vertu et la vérité

Philosophie sublime, qui sans l’éclairer

D’une fausse lumière, faite pour le commun

Applique à notre coeur une marque qu’aucun

Être, aucune force ne saurait effacer.

 

21.1.2013, à Paris.

S’éveillent les yeux

D’abord la vie nous est donnée, présent sacré,

Matière brute et naïve à toujours aimer

Afin qu’elle ne dépérisse, fragile été,

Sous les coups de burin de la nécessité

Aveugles que nous sommes, nous prêtons donc l’oreille

Au bruissement loitain des promesses pareilles à l’écume

Que la vague sur le sable vient échouer

Démentes espérances, regard sur l’horizon, solitude

Que la quête de l’être ne fait que renforcer

Qu’importe la souffrance quand s’éveillent les yeux ?

Quand les couleurs et les bruits nous ouvrent la voie

D’un monde insoupçonné, banni dans les tréfonds,

Qui s’anime soudain en ébranlant le monde

La déité se révèle et nous étouffe

De toute sa beauté, indescriptible ailleurs.

Serait-ce le bonheur ? A trop vivre l’on meurt,

mais avec le sourire.

 

22.8.2010, à Rennes.